La première des deux Veggie Pride qui auront lieu en France en 2011 s'est déroulée à Marseille le samedi 21 mai. Cette manifestation, marche de solidarité envers les animaux victimes de la pêche et de l'élevage, a été encadrée par d'autres événements : deux conférences/débat, une soirée festive et une réunion pour évoquer l'avenir de la manifestation.
Le défilé
La manifestation elle-même a réuni environ 160 personnes, venues exprimer leur refus de voir des animaux mourir ou souffrir pour notre consommation. Dès 14h sur la place des réformés, une mise en scène a représenté le mépris de la société face à la réalité de l'exploitation animale.

Des manifestants obstruent leurs yeux, bouche, oreilles pendant que des cris d'animaux se font entendre et qu'un manifestant décrit le sort réservé aux animaux chaque jour ordinaire…
Le cortège a ensuite emprunté la Canebière, la rue de Rome et la rue Montgrand, où les manifestants, plein d'énergie, ont dénoncé haut et fort le meurtre des animaux pour leur viande et chanté leur « espoir de voir fermer les abattoirs ». Les banderoles et panneaux, variés, reflétaient l'engagement de chacun : « nous ne mangeons pas de viande pour ne pas tuer d'animaux », « je ne digère pas l'agonie », ou encore « et si on abolissait la viande ? ».

Au croisement des rues Montgrand et Saint-Ferréol, le manifeste de la Veggie Pride a été lu par une manifestante devant le cortège attentif et ému, ponctuant la lecture de cris d'enthousiasme. Une étape a été effectuée ensuite devant le Palais de Justice, lieu symbolique pour un discours dénonçant notamment les discriminations, dont sont victimes les végétariens et végétaliens, exercées par les institutions françaises. Puis les manifestants sont arrivés sur le Cours Estienne d'Orves, où ils se sont alignés face aux terrasses de cafés et restaurants pour respecter 3 minutes de silence pour les quelques 3 millions d'animaux terrestres et les centaines de millions d'animaux marins qui meurent chaque jour en France pour notre consommation.

Puis la manifestation a pris fin sur le quai des Belges (Vieux Port) avec un slam auquel les manifestants pouvaient participer, en reprenant en chœur des slogans dont « À bas la barbaque » ou « Car c'est s'acharner à nier ce charnier de carnassier ! »

Les événements annexes
Cette première édition de la Veggie Pride à Marseille a débuté le jeudi 19 mai au Seul Problème où était organisée une conférence/discussion intitulée « La question animale, une question politique essentielle ». Cet événement, qui a rassemblé une trentaine de personnes, a permis de situer la Veggie Pride dans un cadre politique plus général et notamment de rappeler que la question de l'exploitation des animaux pour notre consommation n'est pas qu'une affaire personnelle, mais un problème social, éthique, politique.
La seconde conférence/discussion organisée à l'Équitable café le vendredi 20 mai a rassemblé plus d'une cinquantaine de personnes autour du problème de « la végéphobie institutionnelle ». Après une introduction sur la végéphobie interpersonnelle (celle que subissent les végétariens, végétaliens au sein de leur entourage amical, familial ou professionnel) ont été évoquées les discriminations organisées notamment par les institutions telles que l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), à travers le Plan national nutrition santé (PNNS), qui verrouille presque totalement la possibilité de repas sans produits animaux dans les collectivités, alors qu'une telle alimentation est pourtant présentée comme possible à tout âge par la plus grande association de médecins nutritionnistes et diététiciens du monde (American Dietetic Association).
Un point a aussi été fait lors de cette soirée sur la plainte initiée auprès de l'ONU par l'« Initiative citoyenne pour les droits des végétariens » pour défendre la liberté de conviction de tous les citoyens français, végétariens ou non, qui du fait de la pression de certaines institutions, ne disposent pas d'un cadre objectif de réflexion sur la question de l'exploitation des animaux pour notre alimentation.
Dimanche 22 mai enfin, une vingtaine de personnes se sont retrouvées à Mille Babords pour une réunion publique afin de faire un bilan critique, globalement positif, de cette première édition marseillaise et de discuter de son avenir, qui sera notamment conditionné par le succès de l'édition parisienne du 11 juin 2011.

